Histoire
Les 1ères communautés religieuses
Les communautés masculines
Les franciscains et les Capucins premières tentatives qui échouent.
La découverte des côtes gabonaises par les explorateurs portugais au XVème siècle facilita les débuts de l’évangélisation. En 1455, Le Pape Nicolas V confie cette mission aux portugais. Des franciscains puis des capucins vont donc évangéliser avec succès les zones du Cap Lopez, du Fernan-Vaz, de Mayumba et de l’Estuaire du Gabon appelé alors Rio Gabao. Ainsi, pendant tout le seizième siècle, ils baptisèrent plusieurs personnes et fondèrent des communautés jusqu’à créer un vicariat apostolique dans la Région de Mayumba Sette-Cama. Malheureusement, cela ne fut qu’un feu de paille qui très vite s’éteignit car confrontés à la rudesse du climat, aux décès, les missionnaires partirent du Gabao.
La communauté spiritaine: la seconde au Gabon.
PREMISSES 1844 – 1890
Le 29 septembre 1844, les premiers missionnaires arrivent au Gabon: Le Père Jean-Remy B et le Frère Grégoire de la Congrégation du Saint Esprit. Le premier est un religieux prêtre et le second, un postulant qui deviendra frère. Comme beaucoup d’autres congrégations masculines, elles répondent toutes à l’appel lancé par l’Eglise.
Figures d'ancêtres
Père Jean-Rémi BESSIEUX (1803-1876)
Ordonné prêtre à 26 ans, il sert son diocèse de Montpellier pendant 13 ans et entre en 1842 dans la Congrégation du Saint-Cœur de Marie fondée par le Père Libermann et qui deviendra après avoir fusionné avec les Pères du Saint-Esprit, fondés par Pouillard des Places. De cette fusion naît La Congrégation du Saint-Esprit dont les membres sont communément appelés spiritains. Il est le Fondateur de l’Eglise du Gabon, terre sur laquelle il débarque et dit la première messe le 29 septembre 1844.
Successeur de Monseigneur Barron, il est ordonné Evêque en 1849. « Ndego Mpolo Y’Anyambiè », le Grand Ami de Dieu », ce nom dit à suffisance sa réputation de sainteté par le peuple de Dieu.
Un extrait du journal de voyage de Castres à Brest la Fondatrice qui accompagne les missionnaires en vue de leur voyage vers l’Afrique nous donne son point de vue sur Monseigneur BESSIEUX.
« A Brest, « On nous désigna un grand navire nommé L’Infatigable, assez grand pour les Pères, les Frères et les Sœurs… » Monsieur BESSIEUX dirige tous les préparatifs du départ un peu lentement si vous voulez, mais avec beaucoup de soin ; je suis aussi fort tranquille de les laisser sous sa conduite. Plus je le vois et plus j’apprécie sa sainteté et son bon jugement… Je vous assure qu’avec lui, on ne risque pas de perdre l’esprit intérieur et l’amour de la règle… »
Frère Grégoire SEY, né vers 1822
Il est orphelin et recueilli comme tel par la même congrégation. Lorsqu’il arrive au Gabon, il est postulant et ne fera ses premiers vœux qu’en 1846 à Gorée où il va repartir faire son noviciat. Travailleur, courageux, jeune mais aussi de santé fragile, il est le co-fondateur de l’Eglise du Gabon.
La seconde communauté religieuse est un signe particulier de Dieu. Elle comprend les deux visages de la vie religieuse cléricale et laïque. Elle annonce la fécondité ; un religieux d’âge mûr et un religieux en formation. Elle dit ce que Dieu peut faire de notre fragilité ; ils sont deux rescapés que l’on croit morts suite au naufrage qui a emporté les autres confrères et pourtant, c’est avec « ces lignes courbes que Dieu va écrire droit »
La vie religieuse masculine au XIXème siècle livre sa vision de l’Afrique à travers les récits des missionnaires ainsi que les instructions missionnaires. En témoigne celle que le Père Libermann adresse à la Mère Marie de Villeneuve avant le départ des premières missionnaires.
Source: Sœur Marie Sidonie OYEMBO, cic. ECHO DE LA VIE CONSACREE AU GABON, 2016.
Les communautés féminines
La première communauté féminine.
Le 8 août 1849, à bord de « l’Acheron », les 4 premières Sœurs arrivent au Gabon : Mère Louise RAYNAUD, Sœur Anastasie AYMAT, Sœur Cécile BERNARD, Sœur Constance FONTAINE de la Congrégation des Sœurs de l’Immaculée Conception de Castres.
En 1852, elles ouvrent un internat sur le « Plateau » à la Mission Saint Pierre, tout en desservant deux hôpitaux.
Durant 40 ans, cette communauté reste l’unique communauté de Religieuses dans tout le pays et se maintient grâce à la générosité et à la foi des Sœurs car, à l’époque, la vie et le climat tropical les éprouvent durement. Entre 1853 et 1855, 12 Sœurs meurent de maladie. Cependant, la communauté reste et peu à peu, élargit son champ d’action.
De nouvelles légions arrivent.
En 1950, un nouveau mouvement missionnaire en faveur de l’Afrique traverse toute l’Eglise.
De nouvelles Congrégations envoient leurs Sœurs au Gabon pour continuer et compléter le travail déjà accompli par les deux Congrégations présentes : les Sœurs de l’immaculée Conception et les Sœurs de Sainte Marie de plus en plus nombreuses.
Les premières arrivent en 1953, Les Sœurs du Rosaire de Pont de Beauvoisin débarquent à Pointe-Noire le 17 novembre et ouvrent une Communauté à MAYUMBA. Elles sont suivies par d’autres, nombreuses, pour ne citer que celles qui sont encore au Gabon aujourd’hui :
– 1960 Religieuses de Jésus-Marie
Sœurs de Saint Joseph de Clermont
– 1963 Sœurs de la Providence
Religieuses Trinitaires de Valence
– 1966 Sœurs de Saint Joseph de Cluny
Catéchistes de N.D. de Fourvière
– 1971 Sœurs Salésiennes de Don Bosco
– 1975 Sœurs Clarisses
– 1979 Sœurs Missionnaires de Saint Antoine Marie Claret
– 1980 Sœurs du Divin Amour
– 1989 Sœurs Carmélites de la Charité
Les premières communautés formatrices
La toute première
C’est celle du Père BESSIEUX et du Frère Grégoire SEY bien que « informelle » puisque non instituée comme telle, mais par la vie. L’aîné passe l’esprit de la congrégation à son jeune frère. La première communauté instituée est celle de Saint Pierre en 1886 où Hyacinthe ANTINI et Iphigénie NGOY font leur postulat et leur noviciat. La deuxième ne persévérera pas dans la vie religieuse.
La deuxième
Ce sera le Petit Séminaire situé de 1888 à 1897 dans l’actuelle Maison Mère des Sœurs de Sainte Marie où les Frères de Saint Joseph faisaient leur postulat et leur noviciat. Plus tard, il sera transféré à l’actuel séminaire Saint Jean.
La troisième
C’est celle du postulat – noviciat de Donghila, ouvert en 1910 pour la formation des Sœurs autochtones dont la responsabilité est confiée aux sœurs de Notre Dame de l’Immaculée Conception de Castres (Sœurs Bleues) et Sœur Saint-Justin BEGUE est nommée maîtresse des novices. Comme membre de la communauté formatrice, il convient de noter qu’il y a la présence précieuse de leur aînée, Sr Hyacinthe.
La quatrième
Ce sera Sindara lorsque le noviciat des Sœurs de Sainte Marie y sera transféré au cours de la même période que la . Un autre passage significatif sera la nomination de Sœur Cécilia Fatou BERRE comme sous-maîtresse des novices. Elle se formera auprès de ses aînées pour initier ses jeunes sœurs gabonaises à la vie religieuse.
Nous n’oublions de noter au passage la maison de formation de Mayumba bien qu’elle ne dura que très peu.
Source: Sœur Marie Sidonie OYEMBO,cic. Echo de la vie consacrée au Gabon, 2016.
Les 1ères vocations locales
Sœur Hyacinthe ANTINI, première religieuse gabonaise et de l’Afrique Centrale
Hyacinthe ANTINI est née au village d’Andmi près du confluent de la Mpassa et de l’Ogooué vers 1870. Ses parents Otulu et Aniassa heureux lorsque, capturés de force, ils se retrouvent déportés dans la caravane de De Brazza. Ils meurent quelques temps après, l’un blessé par un gorille et l’autre mordue par un serpent.
Voilà ANTINI, orpheline de père et de mère alors qu’elle n’a que 6 ou 7 ans. De Brazza la prend sous sa protection, elle devient alors sa pupille. Tantôt, il est pour elle un père, tantôt elle devient à son tour son infirmière. ANTINI remonte avec la troupe plusieurs localités : le pays des Adoumas, Madiville (Lastourville)…
Descendu à Libreville et avant son départ pour la France pour y préparer sa deuxième expédition, va rendre visite aux Sœurs « du Plateau » en 1876 et, reçu par Mère Louise Raynaud, il confie ANTINI à la Communauté. Auprès des sœurs, ANTINI apprend de tout, devient chrétienne et entend l’appel de Dieu.
Elle en parle en premier lieu à Sœur Saint-Paulin, religieuse africaine (Sénégalaise) qui a droit à toutes ses confidences. Mais au bout de quelques années, il faut prendre l’avis de Mère Louise qui à son tour reçoit l’accord de Castres à travers la réponse affirmative de Mère Germaine MERLIOT, Supérieure Générale. Il ne lui reste plus qu’à l’initier à la vie religieuse.
De 1886 à 1888, elle fait le Postulat et en 1888, prend d’habit religieux et débute le noviciat. Le 15 mai 1890, elle fait profession religieuse en même temps qu’Iphigénie NGOY, venue la rejoindre au noviciat. Mais, elle ne persévérera pas.
A partir de ce moment, commence son périple missionnaire:
-lingère à Saint Pierre, 1890-
-fondatrice à Donguila, 1894 -1919.
Elle est à la fois éducatrice des enfants, des novices et des femmes (plantations, couture, catéchèse).
-Missionnaire à Sainte Anne du Fernan-Vaz, 1919 (Maîtresse de l’internat, plantations, soins…).
– A Saint Anne, Hyacinthe fête ses 25 ans, ses 50 ans et ses 60 ans de vie religieuse. Elle y vit le soir de sa vie et y meurt le 16 juin 1952 à l’âge de 83 ans.
Angèle TCHIBINDA ou Sœur Marie Antoine, deuxième religieuse gabonaise
Native de Mayumba, elle entend l’appel de Dieu et y répond. En 1894, elle commence le noviciat, prend le nom de Sœur Marie Antoine. Un an plus tard, elle fait profession sur son lit de malade en 1895 chez les Sœurs de Saint Joseph de Cluny à Loango.
Source: Sœur Marie Sidonie OYEMBO, cic. ECHO DE LA VIE CONSACREE AU GABON, 2016.
Frères gabonais
La nouvelle Congrégation des Frères, comme toute la Jeune Eglise gabonaise est mise sous la protection de la Vierge Marie. Ces premiers FRERES GABONAIS furent des FRÈRES DE SAINTE MARIE.
Il y eut 6 FRÈRES DE SAINTE MARIE, tous originaires de la région de Libreville :
– Frère Dominique FARA était enseignant, il mourut en 1922.
– Frère Jean-Marie OGWAROUWE était menuisier, il avait 60 ans de vie religieuse lorsqu’il mourut en 1955 à l’âge de 81 ans.
– Frère Raphael INGUEZA, que l’on appelait aussi BIGMAN fit profession près de 20 ans après ses deux prédécesseurs, le 23 septembre 1913. Ce fut un excellent menuisier-charpentier qui a formé de nombreux apprentis. Il eut lui aussi une longue vie puisqu’il est mort en 1961.
Les 3 autres n’eurent qu’une courte vie religieuse :
– François de Salles OLELE qui était enseignant mort en 1923 à 35 ans.
– Albert MBAGHELE cordonnier, mort en 1929 à 34 ans.
– Pierre RAPONTCHOMBO menuisier mort en 1932 mort à 37 ans.
Plusieurs déjà, après une vie bien remplie ont rejoint leurs saints patrons MARIE et JOSEPH :
– FRERE HILAIRE BIYOGHE de Kango qui fit profession le Noël 1931, menuisier-charpentier qui devint par la suite chauffeur, il est mort en 1972.
– FRERE BENOIT NZOGHE, du Fernan Vaz était imprimeur, il est mort le 11 aout 1985, quelques mois seulement avant l’accomplissement de ses 50 ans de vie religieuse puisqu’il avait fait profession avec FRERE MARCEL le 2 novembre 1935.
– FRERE ADRIEN KOUMBA, de Saint Martin, enseignant, fit profession le 29 septembre 1936, il est décédé le 6 mai 1959.
– FRERE SIMON NDONG, de Donguila, menuisier, profession religieuse le 19 mars 1941, mort le 11 novembre 1975.
Frères de Saint Joseph
A partir de 1931, nous voyons tous les nouveaux Frères prendre comme modèle et protecteur SAINT JOSEPH le menuisier-charpentier de Nazareth et, à son exemple, c’est le métier que pratiqueront la plupart d’entre eux. Mais ils n’oublient pas MARIE, l’épouse de JOSEPH et ils deviennent ainsi membres de la CONGREGATION DES FRÈRES DE SAINT JOSEPH DE LIBREVILLE, SOUS LA PROTECTION DU COEUR IMMACULÉ DE MARIE.
Leurs Constitutions, élaborées peu à peu au cours de leur déjà longue existence furent mises à jour en 1951 et leur Société érigée par le Saint Siège le 16 novembre 1951 en une seule Congrégation regroupant tous les Frères gabonais.
Au total, depuis les FRÈRES DOMINIQUE et JEAN-MARIE, c’est une cinquantaine de jeunes gabonais qui, dans différentes Congrégations se sont engagés dans la vie religieuse en devenant FRÈRES. Parmi eux, ce sont les FRÈRES DE SAINT JOSEPH les plus nombreux.
Les congrégations diocésaines du Gabon
Première Congrégation religieuse fondée au Gabon
Les frères de Saint-Joseph
Née en 1895, les deux premiers frères furent Frère Dominique FARA et Frère Jean Marie OGWAROWE. L’un était enseignant et l’autre menuisier. Imprégnés de la spiritualité de leur saint patron, ils s’adonneront avec joie et ferveur à la construction matérielle et financière de l’Eglise du Gabon. Après avoir connu une période de floraison où, de nombreux frères y entrèrent et y persévérèrent, ils ne résistèrent pas à la crise \qui a secouée l’Eglise du Gabon. Le dernier frère de Saint-Joseph est décédé récemment, le frère Marc à Tchibanga.
Deuxième Congrégation du Gabon et Première congrégation féminine autochtone de l’Afrique Centrale
Les Sœurs de Sainte Marie du Gabon
A la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, le Saint-Siège encourage fortement la création d’instituts locaux ayant en perspective, l’évangélisation en profondeur de leurs frères et sœurs et capables d’aller là où les missionnaires expatriés n’ont pas pu, freinés par la santé où les limites de la langue. Monseigneur Jean Martin ADAM répond à l’appel du Seigneur et commence modestement la congrégation.
Deux jeunes filles s’engagent dans cette belle aventure : Léonie BEBEDI et Anne Marie DEMBIANO. Elles sont envoyées à Donguila pour s’initier à la vie religieuse et font leur entrée au noviciat en 1911. Elles prennent respectivement les noms religieux de Sœur Augusta et de Sœur Julia. Six ans plus tard, le 9 décembre 1917, elles font leurs premiers vœux, leur profession-religieuse.
En 1923, elles ouvrent leur première communauté à Franceville. Elles partageront dans les autres communautés la vie fraternelle avec les Sœurs de l’Immaculée Conception dont la Supérieure Provinciale sera pendant 33 ans la Supérieure Générale des Sœurs de Sainte Marie jusqu’à leur autonomie en 1950 lorsque Mère Cécilia Fatou BERRE fut élue Première Supérieure Générale. Son généralat durera seize ans.
Troisième Congrégation religieuse du Gabon
Les Sœurs du Saint Cœur de Marie en 1941
Aux environs des années 30, les Sœurs spiritaines ouvrent une communauté à Mayumba. Trois jeunes gabonaises y entrent et prennent l’habit et commencent le noviciat. Les trois sœurs touchées par la fièvre jaune meurent les 7 et 8 février 1941.
Restées seules, elles font profession au cours d’une eucharistie présidée par le Père Henri HEIDET. Les trois sœurs ne tiendront pas. Ainsi le grain s’enfouie en terre jusqu’à faire germer longtemps après, de nouvelles vocations de Mayumba.
Figure d’ancêtre
Mère Cécilia Fatou BERRE: un fruit mûr de la vie religieuse au Gabon
Marie Philomène Fatou-Berre, est née à Libreville le 5 juillet 1901 au quartier Louis dans une famille mpongwè.
Quelques semaines plus tard, le 25 août, ses parents chrétiens la font baptiser à l’Eglise Saint-Pierre.
Son père Audibert, né en 1853 est le petit-fils du Roi Ré Dowé ou le Roi Louis qui signa une série d’accords avec l’Amiral Bouet-Willaumez dont la conséquence principale fut la transformation du village d’Okolo en Fort d’Aumale.
Sa mère Ngiangsa est camerounaise de Lolodorf, fille de Sigo et de Botodé qui a séduit Joseph-Marie Audibert affectée à cette époque à la maison Woermann. Il en fait sa deuxième épouse.
Après une enfance heureuse, elle fréquente l’école des Sœurs de l’Immaculée Conception. Elle y fait sa première communion et sa confirmation à 11 ans.
En 1910, Marie Philomène et ses compagnes voient partir deux grandes filles de l’école pour Donghila afin de s’initier à la vie religieuse et fonder la congrégation des Sœurs de Sainte Marie du Gabon.
Marie Philomène qui depuis l’âge de huit ans « vit » avec les Sœurs, se sent appelée à la vie religieuse. Saisie par le Christ, elle en fait part à son père qui ne voulut rien entendre.
C’est le début de rudes épreuves… mais Marie Philomène tient bon… finalement le 4 février 1918, elle s’enfuit de la maison, prend la pirogue pour Donghila. Ce fut la rupture avec son père furieux et elle a tenu bon !
De 1918 à 1923, elle s’initie à la vie religieuse. En 1921, lors de sa prise d’habit, elle prend le nom religieux de Sœur Cécilia et le 28 janvier 1923, elle fait sa première profession religieuse. Elle rejoint ainsi les premières Sœurs de Sainte-Marie :
– Sœur Augusta BEBEDI
– Sœur Julia DEMBIANO
– Sœur Andréa ZEKWE-WALKER
– Sœur Joanna TOUBANGA-DIOUF.
La même année (1923), Sœur Cécilia est fondatrice à Saint-Hilaire de Franceville avec Mère Julia et Sœur Rosa. Elle sera nommée Supérieure de cette Communauté en 1930. Sœur Cécilia sera encore fondatrice en 1948 à Zanaga au Congo qui faisait alors partie du Diocèse de Libreville.
Lorsqu’en 1934, le Noviciat est transféré à Sindara, Sœur Cécilia sera pendant huit ans la sous-maîtresse des Novices de sa Congrégation.
En 1950, elle est de nouveau fondatrice à Sainte Anne du Fernan-Vaz où les Sœurs de Sainte Marie remplacent celles de l’Immaculée Conception. Elle y arrive le 15 mai lors de la célébration des 60 ans de la vie religieuse de Sœur Hyacinthe Antini. En 1954, elle est la première responsable de Communauté de la « Maison-Mère » à Sainte Marie de Libreville.
Le 17 juin 1955, elle est élue première Supérieure Générale de sa Congrégation. Elle continue alors à sillonner le Gabon pour visiter ses Sœurs et stimuler les vocations qui naissent à travers le pays jusqu’en 1966 où Mère Maria Pia la remplace comme Supérieure Générale alors qu’elle va le 25 août à Donguila, qu’elle quittera un an plus tard pour la « Maison-Mère » qu’elle ne quittera plus jusqu’en novembre 1991, date de son décès.
Toute sa vie, Mère Cécilia a édifié tous ceux qui l’approchaient par son sourire qui ne la quittait jamais, sa disponibilité à la volonté de Dieu, son amour de l’Eglise, de sa Congrégation, son service des petits et des faibles, sa fidélité inébranlable… Elle a accompagné, encouragé, de nombreuses générations de jeunes filles gabonaises à demeurer fidèles à leur premier amour soit dans le mariage, soit dans la vie religieuse.
La vieillesse n’a rien perdu de son charme et de sa bonté. Au contraire, on peut lui appliquer sans se tromper cette phrase de Jean-Paul II : « les saints ne vieillissent jamais ».
« Ce fruit mûr » en tombant en terre, a fécondé la terre ecclésiale gabonaise et depuis lors, peu de temps après son décès, on voit de nouveau se remplir les maisons de formation à la vie religieuse et sacerdotale, on voit de nouveau des jeunes s’engager dans le mariage religieux.
Mère Cécilia ! Dis-nous le secret de ta vie si réussie aux yeux des hommes et de Dieu !
